jeudi 3 février 2011

Le vrai sang



      
      

       Texte et mise en scène par Valère Novarina
       Du 5 au 30 janvier au théâtre de l'Odéon à Paris
       Durée 2h30


Alors, comme je l'ai compris de ce que j'ai pu comprendre:
Il n'y a pas une histoire en soi c'est plutôt des personnages isolés utilisés par des concepts que Novarina a voulu transmettre tels que : le temps, l'espace, l'ennui, la langue, la pensée, l'incertitude, l'stupidité, l'espoir, l'absurde, le lyrisme, la fatalité. Il y a une critique de la société en général, aux moules sociaux reproduits de famille en famille. Une vie routinière et pauvre. Il y a le clown, un homme vulgaire qui est là pour amuser et sauver de l'ennui aux êtres humains et au public, mais, honnêtement un personnage à mon avis pas réussi, les blagues rapportaient à que des clichés. Ensuite, il y a trois familles traditionnelles (les parents et l'enfant), la psychanalyste qui rentre de temps en temps pour donner des recommandations sur ce qui pourrait leur sauver du vide ce qui, predesciblement, retombe au vide et à l'absurde car pour Novarina il n'y a pas de solution. On affaire à une pièce de théâtre pessimiste. A vrai dire pour lui il y a une seule solution: devenir maître ou maîtresse de la langue ( comme lui). Discutable.

Quelques extraits de la pièce:

" Le vrai langage va plus loin que lui même toutes choses verbés conjuguées croisées en transformation passantes. C'est qu'il y a qu'une pensée sous la pensée qui dit toujours: va jusqu'où les mots rebrousssent chemin. Aller à la lisère franchir une rive, passer d'une rive, d'un seuil à l'autre c'est le mouvement respiratoire profond, le pas, la marche, l'élan de notre esprit qui est esprit de traversé."

" Le langage est d'origine [...] c 'est un coup d'éclair, une foudre : les mots n'évoquent pas , ils tranchent, fendent le rocher. Le langage n'a rien à décrire puisqu'il commence. Il n'y a rien qui soit plus au secret de la matière que le mystère verbal." " Le mystère est incompréhensible parce qu'il te comprend".

" La parole est le lien qui délivre. Les mots cherchent la parole qui les défait; la pensée se délivre par les mots qu'elle capture; entre les mots et la parole et la pensée, il y a un combat une lutte depuis toujours qui ne s'arrête pas".

Et

" Les mots sont des logaèdres".

J'arrête parce que ça commence à devenir lourd.



Je respecte sa thèse, ce qui m'a dérangé c'est qu'il l'impose, qu'il ne la justifie pas. Il s'est juste mis à nous faire une danse imaginaire avec des phrases hyper sophistiquées ( bravo pour ça) mais en nous laissant décus et avec que une légère fragance de beauté émise par quelques belles métaphores compréhensibles:
"Une pierre vraiment lancée au ciel ne retombe jamais" " Le réel n'apparaît un instant qu'à celui qui le déchire..".
Mais honnêtement pas assez de métaphores ou des pensées qui, à mon avis, pourraient vraiment pénétrer les pensées et le coeur du public. Pas assez pour se dire, comme soi-disant eux même le présente comme étant leur but: Ok, je renonce au système de la compréhension et je me laisse emporter. C'est un paradoxe que cela soit leur propos. C'était impossible de le faire car la pièce faisait appel constamment à notre raison avec tout cet intellectualisme. D'autant plus que la mise en scène est très pauvre et n'arrive pas à accompagner, à donner de vrai vie à tout ce défilé de mots, certes magnifique  mais qui nous laissent froids et nous font sentir bête car on n'a rien compris. La mise en scène,  même si elle a réussi à bien symboliser l'espace, -avec un jeu de perspectives dessinées par des tissus triangulaires qui tendaient du plafond et produisaient des ombres par terre - , résulte même parfois en trop car on veut comprendre tous ces mots et éviter donc toute distraction. C'est dommage.
De la même manière, les acteurs passent un peu inaperçus, il n'y a eu aucun qui m'ait marqué par sa provocation ou sa bonne actuation. C'est intéressant qu'il deviennent des vecteurs de concepts mais on est tellement concentré à essayer de comprendre ces concepts qu'on ne peut plus apprécier leur actuation, sauf quand le clown chante une opéra italienne, hurle, se lance par terre et on entend à côté un très fort (et faux) rire nerveux d'une femme du public qui peut-être, elle aussi se trouve ici pour jouer la comédie et convaincre au public qu'elle est super marrante cette pièce.



Je suis allée voir cette pièce enthousiaste à cause des très bonnes critiques à mon alentour. J'ai même essayé de faire taire à une quinzaine d' adolescents qui était venus voir la pièce avec leur prof de Français, sûrement. Surtout que pour cette pièce il faut du silence absolu pour accrocher même peut être fermer les yeux...Mais, si je ne me trompe pas, on va au théâtre pour regarder la représentation pas seulement pour l'écouter. A vrai dire, j'ai eu plus l'impression d'être en train d'essayer de lire et comprendre un essai philosophique imaginaire dont chacune des 200 pages tournaient tous les deux secondes. Serait-il celui-ci l'effet que le théâtre devrait produire? Bien sûr le texte (le vrai) était exposé à la vente à la sortie. Je n'en avais aucune envie (ni moyens) pour l'acheter parce que de toute façon, on me l'avait déjà fait lire en une sortie ces 200 pages. Celui qui réussit à faire ça et le comprend et le vit entièrement, Novarina le félicitera et le considérera comme son dieu puisque pour lui "Le langage est le messie". Je préfère féliciter plutôt ces adolescents qui ne se sont jamais tut et me moquer un peu du prof, de l'air satisfait que sa bonne conscience lui donnait d'avoir amené ses élèves voir une pièce si intellectuel ( ou intellectueloide), une pièce dont d'ailleurs ses élèves n'avaient rien à foutre, et n'avaient rien compris et lui, peut être un peu plus.

Valère Novarina ( 04/05/1947) Romancier, dramaturge et peintre Suisse

Je cite la critique intégrée dans le prospectus écrite par Daniel Loayza: "Le lecteur armé de patience finit du coup par développer , sinon une "compréhension" du "propos", du moins une sorte de familiarité avec un certain paysage - minéral,troué,mouvant. Il faut consentir à se laisser faire emporter par cet étrange flux de dramaturgie négative- le mot est de Michel Corvin..." Oui, j'ai essayé de me laisser emporter mais si ce paysage est troué (essayant d'être aussi poétique), comment y rester? Je me suis juste mis comme défi d'essayer  de ne pas laisser échapper aucune phrase mais après 1h30 je voulais juste que ça finisse. Mais, j'ai dû attendre pas les 40 minutes en plus du temps indiqué, comme quoi ça durait 2h10 min, mais y tenir à 2h30. Je regardais autour et je n'étais pas la seule à "attendre". A la fin j'étais contente que ça soit finie, dégoûtée de cette pièce qui alternait entre humour arrogant et humour par clichés, qui ne m'avait suscité aucune vie, aucune sensation, quelques réflexions usées, et des courts "ha, ha". A la fois,  je sentais un énervement et une tristesse des quelques pensées intéressantes qui m'auraient pu échappées. Mais même comme ça je refuse d'acheter son texte (peut être un des objectifs recherchés) parce qu' à mon sens, le rôle du  théâtre n'est pas d'exclure le spectateur en se positionnant supérieur à sa réalité mais au contraire d'essayer de le conduire et l'intégrer le plus possible à une réalité où il puisse se reconnaître dans des attitudes, évènements, pensées ou sentiments différents ou pas, communs ou pas communs à tous les êtres humains mais qu' à la fin on puisse dire qu'on a vécu quelque chose, qu'on sorte avec des questions ou des remises en question claires et non pas que avec des "ah oui il y a eu des jeux de mots intéressants". Je ne vais pas voir des pièces de théâtre juste pour ça, je demande une intégrité qui pourrait bien être fragmentée du moment que je sois prise en compte dans son but premier et que ce but soit de me faire réfléchir et surtout de me faire vivre une expérience. Novarina a pris 10 ans pour écrire cette pièce et il veut nous la faire avaler en 2h30. Je pense que c'est une pièce réalisée que en son honneur pour se démontrer à soi même et aux autres de son génie de son excellent et sans pareil maîtrise du langage auquel, même si on aspire, on y arriverait jamais ( sûrement pas en 2h30).


Une pièce de théâtre, à mon avis, devrait éprouver un certain respect envers le spectateur, qui lui donne sa raison d'être finalement, et se mettre à sa place pour lui montrer quelque chose qu'il veut d'abord partager avec lui et pas juste montrer comment le dramaturge se fait une grande bouffe de sens devant nos yeux sans être invités ni regardés. Il existe des pièces, qui sont parmis mes préférées, ou le sens est le non-sens où le but est de lasser l'spectateur mais avec un but provocateur exclusivement fait à son insu, pour toucher ses parties émotionnelles ou psychologiques  qui devraient être remis en question et pas comme dans ce cas provoquer de manière arrogante sans aucune raison, que le seul égo du dramaturge et de ses acteurs. Déjà le sujet est étroitement addressée aux littéraires professionnels dont leurs univers n'est que les mots, puisque selon Novarina  "Le vrai sang des choses est à chercher au fond des mots", discutable, surtout qu'il y a d'autres réalités plus grandes et petites que la nôtre qu'on connaîent même pas et dont on ne connaîent pas leurs noms.  Ca ne m'a pas étonné du tout de rencontrer deux personnes de l'ENS que j'ai rencontré par hasard, et non pas par chance, dont je me rappelle ils m'avaient ennuyé et choqué par encore une fois l'arrogance qu' octroie la maîtrise de cette langue sacrée qu'est le français!
Bref, je n'aime pas du tout ce mouvement de dramaturges qui par manque d'assurance dans la matérialité de ce monde s'attache à ne plus en pouvoir à leur technique d'expression pour devenir expert artistique comme un expert comptable pour ensuite nous exposer qu'ils possèdent quelque chose d' inatteignable par nous êtres humains simples et qu'il faut payer pour aller les voir pour les admirer, pour faire semblant qu'on est aussi intelligents qu'eux ( ou même plus car on comprend 1 000 000 de fois plus vite que l'auteur)  en leur aplaudissant et en rigolant de blagues qu'on a à moitié compris.




J'imagine que l'ouvrage de Novarina est très bon peut être brillant, mais à mon avis, il aurait dû, ou bien, juste écrire un essai philosophique, ou bien, améliorer la mise en scène, la rendre plus dynamique avec plus de pistes pour sa compréhension. Sa mise en scène était presque statique il y avait juste un paysage que lui même a peint, des couleurs bleus, froids et angoissants, placé comme fond d'scène et à la fin deux tableaux de paysages qui ont fait leur apparition. Il n'a pas su gérer ni rendre dynamique son espace pour rendre intelligible ou au moins vivants ses bien nombreux propos abstraits. J'aimerais, peut être, beaucoup ses oeuvres en tant que peintre ou romancier (sincèrement) mais comme dramaturge il laisse à désirer.


"Novarina aime rappeler qu'il pratique de la littérature pariètale et que ses textes avant de se ramasser en liasses ou de se disposer dans les profondeurs du plateau, se déroulent d'abord comme une fresque de pages épinglées sur les parois de son studio".

C'est important de noter que le théâtre n'est pas que de la littérature, il y a tout un grand travail de représentation et surtout de communication avec les spectateurs, qui n'a pas été du tout réussi dans cette pièce.

dimanche 23 janvier 2011

Shun-Kin


Le roman de Tanizaki raconte la relation passionnelle et cruelle de Shun-kin, une joueuse de shamisen (luth à long manche) aveugle, et de son domestique Sasuke.



Shun-Kin
Una adaptación de
Simon McBurney
18-23 novembre 2010
Festival de otoño de Paris en el "Théâtre de la ville" 39 ena edición.
Espectáculo en japonés subtitulado





Shun-Kin, la última adaptación de Simon McBurney, es definitivamente una de la obras de teatro más hermosas que vi. La obra está inspirada en dos libros de Jun'ichirô Tanizaki (1886-1965, uno de los autores japoneses más importantes del siglo XX) «A portrait of Shun Kin" y en «In praise of shadows» .
Ambas obras fueron escritas en 1933 época durante la cual Japón se abría a la influencia europea y cerraba progresívamente la era Meiji (1868-1912) o «la era iluminada». Durante la era Meiji, el confucianismo ganó importancia entre las demás religiones para contribuir al poder imperial. En acorde con esta religión, el ser humano debe buscar la recitud interna y la empatía social a través de la introspección y el estudio. Impulsa al ser humano a estar en armonia con el cosmos lo cual sólo puede ser alcanzado a través de un mediador encarnado en el gobernante. Es una religión donde los seres humanos son primeramente seres sociales dotados de un rol dentro de un sistema que necesita ser jerarquizado para funcionar.
Después de la 1ra Guerra Mundial (1914-1918), que marcó el final de esta era, Japón habiendo combatido del lado de los Aliados benefició de la victoria, se decidió por una apertura hacia el occidente e inició el proceso de su crecimiento económico. Las mentalidades quedaron, sin embargo, fuertemente marcadas por la época «Meiji» con sus estatutos y valores sociales, muchos de los cuales prevalecen hasta el dia de hoy.
En este contexto, Jun'ichirô Tanizaki, casi treinta años después del cierre de esta época, decide demostrar que esta «era iluminada» sigue presente a la vez que decide criticar una cierta hipocresia en ella, exponiendo la belleza que puede existir en lo oscuro del ser humano. Su obra, que fué censurada en sus inicios, se concentra en analizar las profundidades del ser humano en su integridad poniendo énfasis en sus perversiones.Todo se acomoda según el registro de la belleza y el erotismo más allá de toda preocupación moral o religiosa.


La obra comienza con un toque de humor. Una lectora de profesión hace su ingreso, fué contratada para leerle a alguien que desde algún lugar habla por el micrófono. Después de discutir con su enamorado por el celular, la lectora cuenta la historia y nos transporta al escenário donde todo aconteció. Sasuke el personaje que se enamoró y sigue enamorado de Shun-Kin se presenta, ya viejo, a contar su historia.

Shun-Kin es aún una niña, muy hermosa, lo cual despierta muchos celos entre sus hermanas que de un golpe en el rostro la dejan ciega. Shun-kin pierde la vista a los 7 años cuando aún no vió mucho del mundo. Tiene un carácter  fuerte y caprichoso. La familia de Sasuke lo entrega a sus 11 años a la familia de Shun-kin como ayudante de la empresa famacéutica que manejan pero, luego casi inmediatamente, se convierte en el guía de la niña.
Shun-Kin, después de escuchar por primera vez el sonido del «Shamisen» (un instrumento de 3 cuerdas tradicional japonés) desea tomar clases y, para ello, contratan a un profesor. La niña hace prueba de un gran talento musical, un oído probablemente más desarrollado y concentrado a falta de la vista. Mientras que Shun-Kin día a dia va aprendiendo a tocar el Shamisen, Sasuke también comienza a verse envuelto por esta especial melodia y, cada vez que puede, se pone a espiarla tras la puerta. Sasuke decide comprarse el instrumento y, sin tener nadie quien se lo enseñe , decide aprenderlo sólo. Todas las noches sube al techo, bajo el cielo de la noche, a encontrar la melodia que poco antes había sido tocada por Shun-Kin. Una vez que ella lo descubre, valora la perseverancia de Sasuke y que ambos compartieran la misma pasión. Es cuando Shun-Kin pide, o mas bien ordena, que él se convirtiera en su guia.

Sasuke, de viejo, contando su historia pronunciará repetitivamente: «...Era bella bella, tenía una piel hermosa blanca tan blanca...Desde que perdió la vista prefería ya no salir a la luz del día. Tenía unos pies tan pequeños que podían caber en la palma de mi mano...»


Sasuke se habia enamorado de ella a sus 11 años, desde la primera vez que la vió. Ella no lo vió, o más bien, lo vió a través de la melodia del Shamisen y se enamoró de él también. El Shamisen fué el vector a través del cual ambos en su infancia, sin conocer aún conscientemente todo lo que el amor implica, ya lo vivian a través del infinito intuitivo propio a la música emitida por ese instrumento. Lo quería para ella, todo entero, sólo para ella. Llegó a considerar el cuerpo de Sasuke como de su posesión asi como lo era su Shamisen. El amor de Sasuke y la música del Shamisen era lo que le llenaban la vida.

Desprovista de vista, su relacionamiento es forzosamente más intenso. Sin poder ver más que lo que ella siente y a quien le hace sentir lo sentido, no puede comparar el contacto que acaba de tener con él, con el que podría tener él en otras relaciones, ni relativizar, no puede ver que, por ejemplo, quizás Sasuke tenga más otras personas en su vida a quienes podria amar también. Para ella, Sasuke sólo la ama a ella. Ella es el centro de su universo.
Posee una sensibilidad violenta lo cual provoca que lo que desea y ama, debe ,si o si , obtenerlo. La pureza de su sensibilidad no acepta términos medios. Esta pureza es exacerbada puesto que solo puede ver desde su interior. No tiene otros modelos que seguir más que el suyo propio.



La puesta en escena es muy original. En la obra, cuando es aún una niña, se la representa con una muñeca, según McBurney, para representarla desde los ojos de Tanizaki, para quien es un personaje lejano y quizás legendário e immortal. La muñeca está manejada por dos mujeres vestidas de negro que se quedarán dirigiéndola y hablando por ella hasta cuando crezca y sea representada por una actriz de carne y hueso. Esto, seguramente para poner en énfasis el hecho que es siempre su interior que se expresa tal cual y, para sobreponer el mundo interior a la corporalidad externa.
 
Sasuke conmovido por el deseo de aquella mujer que lo ama tanto, al punto de quererlo poseer, decide hacer todo para cumplir sus caprichos. Fué la unica persona que lo quizo con tanta intensidad desde niño, decide entonces entregarse por voluntad propia. La amará y se sentirá suyo, su amante y su esclavo, hasta el último de sus dias.

Lo absoluto del amor de Shun-kin, ante la mediocridad que todos conocemos de la realidad, necesita expresarse de manera violenta para sacar satisfacción. En todas sus relaciones sexuales, ella expresa la fuerza de su amor de manera corporalmente violenta, sadomasoquista. Shun-Kin adopta esta actitud quizás por la impotencia que siente al no poder ver el cuerpo que está amando. Quiere, tal vez, cerciorarse que ese cuerpo le pertenece golpeándolo y poniéndolo a prueba para ver si Sasuke lo acepta y la sigue amando aún después de padecer tal violencia. Es lo único que le dá seguridad del amor que siente por él.



Shun-Kin se siente hermosa no por conocer su aspecto físico sino por este amor de niño tan absoluto que le profesa Sasuke.
Al crecer Shun-Kin se convierte en profesora de Shamisen.



Tendrá muchos alumnos que la admirarán por su talento y otros que la odiarán por su carácter. Se hará de mala reputación a su alrededor por su mal carácter y vanidad.

Todo marcha relativamente bien hasta que un dia, un alumno enamorado intenta besarla y ella le rechaza violentamente. Este alumno juntamente con otras personas que odiaban a Shun Kin deciden vengarse de su soberbia y entran a su domicílio para prenderle fuego. El rostro de Shun Kin queda totalmente quemado y desfigurado.


Al constatar que su debilidad (su incapacidad de ver), contra la cual intentaba luchar desde niña, le hizo caer fácilmente en una trampa, se sintió terriblemente impotente e insegura. No queria que Sasuke la mirara temiendo que sin su belleza externa él la amara menos. Decide entonces separarse de él. Ante esto, Sasuke decide quitarse la vista reventándose los ojos para, una vez más, cumplir con el deseo de Shun Kin de ya no querer ser vista por él y para demostrarle que lo que amaba en ella era su espíritu, su oscuridad.

Sasuke de viejo, Shun Kin y Sasuke cuando ella aun vivia 
Sasuke, el narrador ya de viejo, nunca se arrepiente de haberse quitado la vista y hasta confiesa de estar feliz de haberlo hecho, dado a que se puede ver o sentir muchas otras cosas diferentes que antes era incapaz de sentir con la vista, como la belleza del sonido del agua, por ejemplo. Se quedarán juntos hasta cuando Shun Kin fallece a sus sesenta y cuatro años.
Dos personajes que no necesitan de realidad material para sentir, sienten terríblemente, desafiándose constántemente el uno al otro hasta delante de la muerte .


Simon McBurney 25 de agosto de 1957  es actor, escritor y director inglés ganador del premio Olivier Award y nominado al premio Tony Award. Es el fundador y director artístico de la compañia de teatro Complicite en Inglaterra.

Una historia subterránea y pura cuya puesta en escena nos la hace sentir como verdadera y próxima. Simon McBurney desea, desde un inicio, poner al tanto al espectador que va a presenciar una obra ante todo literária. El libro en el que se basa esta ahi presente lo cual testifica del respeto que McBurney le confiere a la obra de Tanizaki. Es una obra de teatro basada en una obra literária pero que progresivamente abrirá canales con el espectador que permearan hacia alguna realidad.  Logra paralelisar muy bien tres tiempos y escenários, tres realidades. El de la historia de los dos enamorados, el de Sasuke ya de viejo y solo contando su historia, y el nuestro, el mismo que el de la lectora. Este último efecto nos aproxima enórmemente de la historia; finalmente no está muy lejos, si alguien del escenário de nuestra época con quien nos podemos identificar, se está dirigiendo a nosotros para contarnos una historia que retoma vida ante nuestros ojos. En el escenário prevalece la oscuridad durante toda la obra lo cual nos hace sentir más en confianza y en intimidad con las vidas de los personajes. Los cambios de espacio son realizados por como 12 actores que entran y salen con grandes palos y colchonetas y, según la descripción del lugar en el que se encuentran, los acomodan de diferente manera. Con esto McBurney podria haber querido demostrar, una vez más que, atención, es una historia que no está ocurriendo pero que está siendo contada, que está siendo fabricada, o bien, si lo vemos con una mirada más romántica, podria haber tenido también como propósito, mostrar que los sentimientos vehiculados en esta historia prevalecen sobre lo material, que lo primero simplemente se acomoda ante una dictadura de lo segundo. La lectora se queda quieta en un rincón de su escritório viendo, como nosotros, la obra. Sasuke viejo, quien cuenta su historia, se mueve de un lado al otro como testigo de todo lo que está ocurriendo en ese tiempo anterior. Mientras tanto, en el fondo tenemos una gran pantalla que nos presenta el paisaje «real» en el que se encuentra la narración o bien fotografias de los «verdaderos personajes» en profundo sentir. Esto nos dá la impresión de estar presenciando actos veridicos y no sólo un cuento. McBurney nos ofrece entonces la opción de posicionarnos desde muchas perspectivas a la vez, lo que otorga a la obra mucho dinamismo y nos mantiene bien atentos. Pero sobre todo, lo que me conmovió más, es la atmósfera de gran intimidad que logra crear y cómo dos seres están dispuestos a mostrarnos absolutamente todo de ellos, su lado más oscuro e íntimo, su lado más sensible frágil y fuerte, cambiante.
De una luz tenue al comienzo, de repente aparece en la gran pantalla, al finalizar, la luz exacta del día, las sombras y el ruido de mucha gente. Una prueba más de cómo logra tomar elegantemente y con humor al espectador para hacerlo penetrar hasta lo más profundo de una historia sordida y oscura , y luego, poco a poco, regresarlo a la luz de un dia común.

Nos vamos, pero después de haber vivido una historia de amor sadomasoquista al son del Shamisen :)

El clip requiere de un poco de  paciencia...



Y para los que lo prefieran en japonés.